Transpirer plus, et sentir
À la puberté, de nouvelles glandes sudorales se mettent en route sous les aisselles et dans les plis, sous l'effet des hormones. Leur sueur n'a pas d'odeur en elle-même, mais les bactéries de la peau la transforment, et c'est cela qui sent. C'est tout à fait normal, et cela demande simplement d'adapter ses habitudes.
Une douche quotidienne, des vêtements propres, surtout les tee-shirts et chaussettes, des matières qui respirent comme le coton, et un déodorant suffisent dans l'immense majorité des cas. Un déodorant agit sur l'odeur ; un antitranspirant, en général à base de sels d'aluminium, réduit en plus la quantité de sueur. Il s'applique de préférence le soir, sur une peau bien sèche, car c'est la nuit qu'il bouche le plus efficacement les canaux. Les pieds méritent aussi leur attention : on les sèche bien entre les orteils, et l'on alterne les paires de chaussures pour qu'elles sèchent.
Quand la transpiration devient un handicap
Certains adolescents transpirent beaucoup plus que les autres, sans effort ni chaleur : mains qui dégoulinent sur les copies, auréoles même en hiver, pieds trempés. On parle alors d'hyperhidrose. Elle commence souvent à l'adolescence, touche le plus souvent les mains, les pieds ou les aisselles, et peut vraiment peser sur la vie quotidienne : on évite de serrer des mains, de lever le bras en classe, de porter certaines couleurs.
Elle est sous-diagnostiquée, alors qu'il existe des solutions. Les antitranspirants concentrés au chlorure d'aluminium sont le premier traitement. Pour les mains et les pieds, l'ionophorèse, où l'on trempe régulièrement les mains ou les pieds dans un bac d'eau parcouru par un faible courant électrique, est efficace chez beaucoup de patients. Pour les aisselles, les injections de toxine botulique réduisent nettement la transpiration pendant plusieurs mois. D'autres options existent dans des cas particuliers. Une transpiration excessive apparue brutalement, généralisée ou accompagnée d'autres symptômes, comme une perte de poids ou des sueurs nocturnes, doit en revanche être signalée au médecin, car elle peut avoir une autre cause.
Les vergetures de croissance
Une poussée de croissance rapide étire la peau plus vite qu'elle ne peut s'adapter, et les fibres du derme se rompent. Il en résulte des stries, d'abord rouges ou violacées, parfois un peu en relief, qui pâlissent ensuite pour devenir blanches et nacrées. Chez les adolescents, elles apparaissent volontiers sur les hanches, les cuisses, les fesses, la poitrine, et chez les garçons sur le bas du dos, les épaules ou les genoux. Garçons et filles sont concernés, et cela n'a rien à voir avec un manque de soin.
Aucune huile ni crème n'a montré qu'elle pouvait vraiment prévenir les vergetures, quoi qu'en disent les étiquettes. Masser la peau avec une crème est agréable et ne fait pas de mal, mais il faut le faire pour le confort, pas avec l'espoir d'un effet miracle. Les vergetures récentes, encore rouges, répondent un peu mieux aux traitements que les anciennes : certains dermatologues proposent des crèmes aux rétinoïdes ou des lasers, avec des résultats variables. Bonne nouvelle, elles deviennent nettement moins visibles avec le temps, et beaucoup de gens les oublient une fois devenues blanches.
Des vergetures très larges, nombreuses et violacées, surtout sur le ventre, apparues en même temps qu'une prise de poids rapide ou de la fatigue, ou après un traitement par cortisone, méritent toutefois d'être montrées à un médecin.
Poils et premiers rasages
Les premiers rasages sont souvent l'occasion de boutons, de rougeurs et de poils incarnés. Quelques réflexes limitent les dégâts : une lame propre et bien affûtée, un gel ou une mousse plutôt qu'un rasage à sec, raser dans le sens du poil, sans repasser dix fois au même endroit, rincer à l'eau fraîche puis appliquer un soin apaisant sans alcool. Les poils frisés ont davantage tendance à s'incarner ; dans ce cas, garder une barbe courte plutôt que de raser de près soulage souvent.
Chez les filles, une pilosité qui semble importante pour l'âge, surtout si elle s'accompagne d'une acné marquée ou de règles irrégulières, peut justifier un avis médical, à la recherche d'un déséquilibre hormonal.
Boutons du dos et du torse
L'acné ne se limite pas au visage. Le dos, les épaules et la poitrine sont souvent touchés, notamment chez les garçons, et les boutons y sont parfois plus profonds. On les soigne avec les mêmes principes : un nettoyant doux, éventuellement un gel lavant au peroxyde de benzoyle (il décolore les serviettes et les tee-shirts), des vêtements qui respirent, une douche après le sport. Une acné du dos étendue ou qui laisse des marques doit être montrée à un médecin, car elle répond mal aux seuls soins de pharmacie.
En parler
La transpiration, les odeurs, les vergetures, les poils : ce sont des sujets dont on parle peu à cet âge, par gêne. Pourtant ce sont des questions médicales banales, que les médecins entendent tous les jours. Un médecin généraliste, un dermatologue, une infirmière scolaire ou un pharmacien peuvent répondre sans juger.
Sources
- Société française de dermatologie (Dermato-Info) — Tout savoir sur l'hyperhidrose
- Société française de dermatologie (Dermato-Info) — Acné
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Définition, symptômes et évolution de l'acné
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Une erreur ? Signalez-la-nous.
Soin à la niacinamide pour les boutons légers. Une acné modérée ou sévère nécessite un avis médical.
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