Article — La peau & l'âge

La peau à l'adolescence

L'adolescence est peut-être la période la plus difficile pour la peau. Les hormones bouleversent tout — production de sébum, poussées acnéiques, sensibilité accrue. Et bien souvent, les réponses instinctives aggravent le problème plutôt que de le résoudre.

Jeune femme à la peau naturelle, lumière chaude, regard confiant

Ce qui change à la puberté

Vers 12 ou 13 ans chez les filles, un peu plus tard chez les garçons, le corps se met à fabriquer davantage d'hormones dites androgènes. Elles existent dans les deux sexes, et l'une de leurs cibles favorites, ce sont les glandes sébacées, ces petites glandes accolées à chaque poil qui fabriquent le sébum. Elles grossissent et produisent beaucoup plus. La peau devient plus grasse, surtout sur le front, le nez, le menton, et parfois le dos et la poitrine.

Pour la majorité des adolescents, cela s'accompagne d'acné, à un degré ou à un autre : l'Assurance Maladie estime qu'elle concerne environ 80 % des jeunes de 12 à 20 ans, et qu'elle est sévère dans 15 à 20 % des cas. Quelques boutons à 15 ans, c'est donc la norme, pas une anomalie. Ce qui varie énormément, c'est l'intensité, et c'est elle qui décide de ce qu'il faut faire.

Une peau grasse n'est pas une peau sale

C'est probablement la croyance la plus répandue, et celle qui fait le plus de dégâts. Les points noirs ne sont pas de la saleté : leur couleur vient du sébum qui s'oxyde à l'air, au bout du pore bouché. L'acné est une maladie du follicule pilo-sébacé, avec un sébum trop abondant, des pores qui se bouchent, une bactérie qui prolifère dans ce milieu et une inflammation. Se laver plus souvent n'y change rien.

Pire, frotter fort, enchaîner les nettoyants « purifiants », les lotions à l'alcool et les gommages irrite la peau. Elle devient rouge, tiraille, pèle, et les boutons ne disparaissent pas pour autant. Beaucoup d'adolescents décrivent ce cercle : plus ils « nettoient », plus leur peau va mal.

Une routine qui tient en trois gestes

Matin et soir, un nettoyant doux, en gel ou en mousse légère, spécifique peau grasse mais pas décapant, rincé à l'eau tiède. On sèche en tamponnant avec une serviette propre. Ensuite, une crème hydratante légère étiquetée « non comédogène », car même une peau grasse a besoin d'être hydratée, et encore plus quand on utilise des traitements anti-acné qui dessèchent. Le matin, une protection solaire en texture fluide, parce que le soleil fonce les marques laissées par les boutons.

Pour les points noirs et quelques boutons, un soin contenant de l'acide salicylique ou du peroxyde de benzoyle, disponible en pharmacie, peut suffire. On l'applique sur toute la zone concernée, pas seulement sur les boutons visibles, et on attend plusieurs semaines avant de juger. Si l'acné est plus marquée, ou si elle ne s'améliore pas au bout de deux à trois mois, c'est le moment de voir un médecin. Nous détaillons les options dans l'article sur le traitement de l'acné.

Les erreurs qu'on fait tous

Toucher et percer ses boutons est tentant, surtout la veille d'une photo de classe. C'est pourtant la première cause des marques qui restent des mois et des cicatrices définitives : en pressant, on pousse l'inflammation plus profondément dans la peau. Les mains sur le visage, le téléphone collé contre la joue, une frange qui frotte le front entretiennent aussi les boutons.

Autre erreur courante : changer de produit tous les quinze jours, au gré des vidéos et des conseils des copains. Aucun traitement ne fait effet en deux semaines, et multiplier les produits irrite. Enfin, le fond de teint épais ou les crèmes très riches peuvent boucher les pores ; on choisit des produits « non comédogènes » et on se démaquille chaque soir.

Et l'alimentation ?

Le chocolat n'est pas le coupable qu'on croyait. Les études récentes évoquent plutôt un lien possible entre l'acné et une alimentation riche en sucres rapides (sodas, bonbons, pâtisseries, pain blanc), et chez certaines personnes avec les produits laitiers, en particulier le lait. Ces liens existent mais restent modestes, et ils ne remplacent pas un traitement. Manger plus équilibré ne fait de mal à personne ; supprimer des aliments entiers en espérant guérir son acné, en revanche, n'est pas une bonne idée, surtout en pleine croissance.

Quand l'acné pèse sur le moral

L'acné n'est pas « juste un problème de boutons ». Elle touche le visage à l'âge où l'on se construit, où le regard des autres compte énormément. Certains adolescents évitent les photos, la piscine, les sorties, ou finissent par se renfermer. Les adultes autour d'eux ont parfois tendance à minimiser (« ça passera »), ce qui n'aide pas.

Si l'acné gâche le quotidien, c'est une raison suffisante pour consulter, même si elle ne paraît pas « si grave » de l'extérieur. Et si un adolescent semble triste, isolé ou anxieux, il faut en parler, avec lui et avec un médecin, que ce soit lié à sa peau ou non.

Sources

  1. Assurance Maladie (ameli.fr) — Définition, symptômes et évolution de l'acné
  2. Société française de dermatologie (Dermato-Info) — Acné
  3. Manuels MSD (grand public) — Acné

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Une erreur ? Signalez-la-nous.

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